ONU : Nasser Bourita met en lumière la vision royale pour dynamiser le financement du développement

À l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a pris la parole lors d’un événement de haut niveau organisé conjointement par le Royaume du Maroc et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Cette rencontre, intitulée « Financer l’avenir : partenariats public-privé pour investir dans le développement », a réuni des ministres, des hauts responsables, ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’institutions financières et du secteur privé pour explorer des stratégies novatrices de financement.

Lors de son intervention, M. Bourita a souligné que les finances publiques, bien qu’essentielles, ne peuvent suffire à elles seules pour financer les ambitions de développement mondiales, alors que le déficit annuel pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) est estimé à environ 4 300 milliards de dollars. Face à ce défi, le ministre a insisté sur la nécessité d’innover à travers des partenariats public-privé (PPP) capables de combiner ressources publiques et capitaux privés, tout en exploitant l’innovation, la technologie et l’expertise.

Évoquant le modèle marocain sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, M. Bourita a rappelé la transformation profonde du climat des affaires dans le Royaume, avec l’objectif de porter la contribution du secteur privé aux deux tiers de l’investissement national à l’horizon 2035. Cette stratégie s’appuie notamment sur la nouvelle Charte de l’investissement et des mécanismes incitatifs, à l’instar du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Le ministre a également souligné que l’investissement ne se limite pas à des chiffres, mais se mesure à l’aune de la création d’emplois, du développement des infrastructures et de l’amélioration des services. Il a cité, en exemple, le complexe solaire Noor Ouarzazate, le port Tanger Med et la ligne à grande vitesse Casablanca-Tanger comme preuves tangentes de cette approche.

Concernant le continent africain, où les besoins de financement des infrastructures sont évalués entre 181 et 221 milliards de dollars par an pour la période 2023-2030, M. Bourita a appelé à transformer les potentiels en projets concrets et ces projets en investissements réels. Il a mis en avant des initiatives structurantes portées par le Maroc, telles que le gazoduc africain atlantique, l’Initiative atlantique pour les États du Sahel et le processus des États africains atlantiques, visant à connecter les économies et favoriser une prospérité commune.

Par ailleurs, le ministre a exhorté les banques multilatérales de développement à jouer un rôle accru dans la réduction des risques et la mobilisation de capitaux privés à long terme. Il a également invité le système onusien à agir comme catalyseur entre gouvernements, investisseurs et secteur privé.

Pour conclure, Nasser Bourita a formulé quatre axes d’action : réduire la disparité législative pour harmoniser les cadres de PPP, créer des mécanismes régionaux de co-investissement, développer des plateformes régionales de garantie, et adopter une approche différenciée qui prend en compte, au-delà du PIB, les vulnérabilités structurelles comme l’isolement géographique et climatique. Il a enfin réaffirmé l’engagement du Maroc à partager ses expertises dans le cadre d’une coopération Sud-Sud solidaire et mutuellement bénéfique.