Imouzzer Marmoucha célèbre le 69ème anniversaire du lancement des opérations de l’Armée de Libération

En présence du gouverneur de la province de Boulemane, Allal El Baz, la famille de la résistance et de l’Armée de libération a commémoré à Imouzzer Marmoucha l’anniversaire du déclenchement des premières opérations armées contre l’occupation française. Cet événement a été l’occasion de rappeler le sacrifice des fils de la région et de ses tribus, qui ont fait preuve d’une détermination sans faille pour défendre leur terre et leur liberté.

L’hommage a souligné la solidarité exemplaire entre les tribus des Aït Seghrouchen, des Aït Youssi et les tribus voisines. Cette union s’est manifestée dès les attaques contre les forces françaises à Taghzout en janvier et juin 1916, puis lors de la bataille de Skoura le 8 juillet 1917, laquelle avait infligé de lourdes pertes humaines et matérielles aux troupes coloniales.

Dans son allocution, le Haut Commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, Mustapha El Ktiri, a rappelé que dans la nuit du 1er au 2 octobre 1955, Imouzzer Marmoucha fut le théâtre d’une offensive organisée marquant le début des opérations de l’Armée de libération dans le nord du Maroc. Cette attaque avait été précédée par un transport d’armes depuis Nador et une réunion secrète des chefs de cellules le 29 septembre 1955 pour définir les cibles et répartir les résistants en six groupes.

Dès minuit, les résistants se sont rassemblés dans la zone de « Bir Ou Qchour », près de Ras El Ma, avant de lancer l’assaut contre la caserne militaire, le casernement du 22ème régiment de goumiers, le fort des forces supplétives à Cascade, la résidence du Major Beau, ainsi que les centres administratifs et de communication coloniaux. Les combattants ont réussi à s’emparer d’armes et de munitions, à libérer des prisonniers et à détruire le centre de transmission radio. Le Major Baud et le contrôleur civil Antier ont été tués lors de l’opération, tandis que le capitaine Chaussier a été grièvement blessé.

Soutenus par les populations locales, les résistants ont étendu la confrontation, maintenant le siège des positions coloniales durant toute la journée du 2 octobre 1955 malgré les raids aériens. Après l’arrivée de renforts terrestres en soirée, les combattants se sont repliés vers « El Maarad » et les hauteurs du Bouiblane avant de rejoindre les bases du Nord. Cette offensive a été suivie d’une répression féroce incluant des couvre-feux, des ratissages, des arrestations, des destructions de maisons et l’exécution de dix condamnations à mort selon les documents historiques.

M. El Ktiri a souligné que ce départ victorieux de l’Armée de libération a constitué un tournant majeur dans la lutte nationale menée par le peuple marocain sous l’impulsion du Trône Alaouite. Cette pression militaire a contraint les autorités coloniales à céder face à la position de Feu Sa Majesté Mohammed V, ouvrant la voie à son retour d’exil de Madagascar et au lancement des négociations pour l’indépendance.

Le Haut Commissaire a également évoqué la résistance de longue date à Imouzzer Marmoucha dès le début de l’infiltration coloniale dans les années 1920. L’état-major français avait alors tenté d’encercler la région à partir de Missour, Boulemane et Sefrou pour isoler la résistance du Moyen Atlas de celle du Rif. Les tribus locales, menées par des figures telles que Sidi Rahou Ouarafa, ont exploité leur connaissance du terrain montagneux pour multiplier les embuscades, notamment lors de la bataille décisive du Jbel Ayad les 10 et 11 septembre 1925.

En 1926, malgré l’intensification des bombardements et la politique de la terre brûlée menée par l’occupant provoquant famine et souffrance, les foyers de résistance ont persisté jusqu’au début de l’année 1927. M. El Ktiri a précisé que pour préserver cette mémoire, le Haut Commissariat a mis en place un réseau de 109 espaces muséaux, dont quatre se situent dans la province de Boulemane (Missour, Imouzzer Marmoucha, Outat El Haj et Boulemane, ce dernier ayant été inauguré le 7 juillet 2026).

Le responsable a également salué les termes du discours royal de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du 31 octobre 2025, suite à la résolution onusienne 2797 reconnaissant l’initiative d’autonomie comme seule base de négociation pour le Sahara marocain. Il a rappelé les paroles du Souverain affirmant que le Maroc vit une phase charnière pour son intégrité territoriale, de Tanger à Lagouira.

La cérémonie s’est conclue par un hommage posthume à cinq anciens résistants : Ali Edkhissi, Lahcen Harakat, Al-Hussain Aqqa El Mansouri, Saïd Boughlam et Haddou Bouqria. En signe de solidarité, des aides financières ont également été octroyées à 30 anciens résistants ou veuves de résistants en situation de précarité.