Le coup d’envoi de la 28e édition du festival « Jazz au Chellah » a été donné à Rabat. Organisé en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que la Wilaya de la région Rabat-Salé-Kénitra, cet événement artistique de premier plan se poursuivra jusqu’au 26 septembre. Le festival propose au public trois soirées exceptionnelles, ponctuées de concerts et de créations artistiques inédites, réunissant six groupes européens et six projets musicaux marocains dans le cadre de rencontres conçues spécifiquement pour cette édition.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la prestation du groupe portugais « Amara Quartet ». Cette formation féminine a offert une vision contemporaine du Fado à travers une fusion entre chant, accordéon, guitare classique et violoncelle. Le quatuor a interprété plusieurs œuvres emblématiques, telles que « Confesso », avant d’être rejoint sur scène par le percussionniste et compositeur marocain Khalid Kouhen pour une interprétation commune du titre « Labyrinth », illustrant une fusion musicale audacieuse avec des sonorités internationales.
La soirée s’est poursuivie avec le groupe « Thérapie de couple », composé de six musiciens français et allemands, qui a partagé la scène avec le « Mohamed Mounir Stephan Quintet ». Ensemble, ils ont entraîné le public dans un périple musical mêlant héritage marocain et improvisations jazz. C’est sur une note enthousiaste et rythmée que le quintet a ouvert ce set avec le morceau « Malecón », une composition où le patrimoine marocain s’est marié harmonieusement aux influences latines et au jazz.
Intervenant lors de cette occasion, le secrétaire général du département de la Culture au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Benyacoub, a souligné que ce rendez-vous culturel, désormais ancré dans le paysage artistique de la capitale, incarne parfaitement la richesse du dialogue entre les cultures et la capacité de la musique à rapprocher les peuples. Il a ajouté que le festival s’est imposé, depuis sa création, comme un espace privilégié d’échange, de découverte et de partage entre artistes marocains et internationaux. M. Benyacoub a également insisté sur le rôle de cet événement en tant que plateforme pour les talents confirmés, tout en mettant en lumière la nouvelle génération d’artistes et en permettant au public marocain d’apprécier la diversité des expressions musicales contemporaines.
De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimitrios Tzanchev, a affirmé que cet événement est un carrefour incontournable où les artistes se réunissent chaque année pour offrir des moments de création uniques. M. Tzanchev a rappelé l’attachement profond du festival à la ville de Rabat et, plus largement, au dynamisme de la scène culturelle marocaine, exprimant son ambition de faire de cet événement un espace réel de rencontre entre les scènes musicales marocaine et européenne.
Le programme se poursuit ce vendredi avec une deuxième soirée qui accueillera le « Herak-Polatkin Quartet », un ensemble puisant son inspiration dans les traditions slaves, tziganes, la musique classique impressionniste et les rythmes des Balkans. Ils partageront la scène avec Hicham Telmoudi, violoniste, compositeur et arrangeur, reconnu pour ses efforts de valorisation du patrimoine musical marocain. Par la suite, le groupe belge « No Steam » proposera une expérience mêlant jazz, funk et hip-hop, en interaction avec le « Sarah Moullablad Quartet », un projet fusionnant la darija, le jazz, la samba brésilienne et des influences de la musique populaire marocaine.
La soirée de clôture mettra en vedette le trio autrichien « Ulrich Drechsler Azure Trio », qui propose un jazz dansant inspiré par l’ambiance des clubs. Ce trio collaborera avec le quatuor « Younes Fakhkhar Tamzagh », dont la démarche artistique repose sur le dialogue entre le patrimoine marocain et les musiques du monde. Le festival s’achèvera sur une rencontre entre le « Antonio Lizana Quintet », figure majeure du jazz flamenco espagnol, et le « Abir El Abed Sextet ». Cette fusion célèbrera le dialogue interculturel en croisant les traditions arabo-andalouses, le flamenco, le blues et les rythmes Gnaoua.
En marge des concerts organisés à la scène du parc Hassan II, le festival « Jazz au Chellah » propose deux masterclasses au centre culturel Les Étoiles de Sidi Moumen à Casablanca, conçues comme des espaces de transmission de savoir-faire et d’échanges autour du jazz et de ses intersections avec d’autres genres musicaux.

